
Flevoland : des terres situées plus bas que la mer voisine
En Flevoland, tu roules à vélo sur un ancien fond marin. L’IJsselmeer se trouve plus haut que de nombreuses bordures de champs. Ce n’est pas une illusion d’optique. C’est un polder.
La Zuiderzee était salée et peu profonde jusqu’à ce que l’Afsluitdijk coupe sa liaison avec la mer ; l’IJsselmeer est ensuite devenu un lac d’eau douce. Puis vinrent les polders de l’IJsselmeer : le Noordoostpolder, l’Oostelijk Flevoland et le Zuidelijk Flevoland. Des digues de fermeture maintenaient le lac à l’extérieur. Des stations de pompage ont vidé le bassin. Il est resté de l’argile et du sable sur lesquels Lelystad et Almere se sont ensuite développées. Le niveau du sol se trouve plusieurs mètres sous le NAP. L’IJsselmeer voisin est plus haut. Sans pompes, les terres se rempliraient d’eau.
C’est ce qui distingue Flevoland d’un ancien lac asséché de Hollande. Flevoland date du XXe siècle, est plus vaste et a été délibérément aménagé comme province. Des canaux et des fossés de drainage conduisent l’eau vers les stations de pompage. Agriculteurs, villes et espaces naturels partagent la même échelle. Les Oostvaardersplassen se trouvent dans ce polder asséché, mais le principe reste le même : le plancher est plus bas que la surface de l’eau.

Pour toi qui visites la région, cela se voit le mieux près d’une écluse ou d’une station de pompage. À l’extérieur de la digue, de l’eau ; à l’intérieur, des terres que seules l’électricité et la gestion permettent de maintenir sèches. Une route ensoleillée dans le polder semble sûre jusqu’au moment où tu réalises que l’horizon est un lac qui ne doit surtout pas entrer.
Flevoland n’est donc pas une île qui s’est élevée au-dessus des vagues. C’est un plancher que nous avons asséché et que nous devons continuer à maintenir au sec. Chaque récolte repose ici sur cet accord.
Un autre regard
La province elle-même est plus jeune que la technique des polders : les terres sont venues d’abord, la frontière provinciale ensuite.
Place-toi sur la crête d’une digue périphérique : le lac d’un côté, les terres plus basses de l’autre.