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L’eau qui a libéré Leyde est restée sur les terres

Le 3 octobre, Leyde fête sa libération de 1574. Hors des murs de la ville, le même événement raconte une autre histoire : celle de paysans qui ont vu leurs terres disparaître sous l’eau.

Rédaction Holland Magazine (néerlandais) ·

Simon Fokke, La levée du siège de Leyde, 1574, estampe de 1782–1784. Rijksmuseum, CC0. Une représentation ultérieure de l’événement.
Simon Fokke, La levée du siège de Leyde, 1574, estampe de 1782–1784. Rijksmuseum, CC0. Une représentation ultérieure de l’événement. Crédits photo

D’ordinaire, l’eau tenait l’ennemi à distance. Lors de la levée du siège de Leyde, elle devait au contraire entrer : par-dessus les digues, à travers les polders et jusqu’à la ville assiégée. Les troupes espagnoles tentaient d’affamer Leyde. À l’été 1574, Guillaume d’Orange choisit une riposte risquée. Des terres inondées pouvaient gêner les assiégeants et rapprocher de la ville des navires chargés de secours.

Il ne suffisait pas d’ouvrir une digue et d’attendre. Les polders près de Leyde étaient plus hauts que les zones situées plus au sud. L’eau se répandait difficilement ; le système de digues censé contenir les inondations fonctionnait, là aussi. De plus, des digues percées étaient parfois refermées. La libération dépendait donc en partie d’un paysage difficile à maîtriser.

Les deux faces d’une même libération

Le 3 octobre 1574, la flotte des Gueux atteignit Leyde. Pour la ville, le siège prenait fin. Pour la campagne du Rijnland, la reconstruction commençait. L’eau salée avait abîmé les champs, et il fallait réparer digues, moulins et chemins. Le Canon régional d’Alphen aan den Rijn décrit ces dégâts comme le revers de l’histoire bien connue de la libération.

Carte du siège de Leyde par Joost Janszoon Bilhamer, copiée par T. Reets en 1717. Domaine public.
Carte du siège de Leyde par Joost Janszoon Bilhamer, copiée par T. Reets en 1717. Domaine public. Crédits photo

Tout dépend de l’endroit où l’on se trouve. Depuis la ville, l’eau était le chemin par lequel arrivait l’aide. Pour une exploitation agricole, cette même eau pouvait signifier la fin d’une parcelle exploitable. Ces deux expériences font partie de la levée du siège de Leyde.

Pourquoi la ville continue de faire la fête

La célébration annuelle rappelle la fin de la faim et la liberté retrouvée. Hareng et pain blanc, commémoration et fête partagée relient l’histoire à la vie de la ville d’aujourd’hui. La 3 October Vereeniging organise les festivités depuis sa fondation en 1886. La levée du siège de Leyde figure également à l’Inventaire néerlandais du patrimoine immatériel (Inventaris Immaterieel Erfgoed Nederland).

Le 3 octobre est ainsi plus qu’une date dans un livre d’histoire. Une ville redonne sans cesse à son passé une place à table et dans la rue. Celui qui regarde aussi les terres alentour comprend pourquoi une victoire a rarement le même sens pour tout le monde.

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